Saint machin, et si on l'écrivait correctement ?

par Pierre Babay
le 24/04/2025
dans la rubrique histoire(s)

Pour peu qu’on y prête attention, on constate que la graphie du nom de la commune dans les légendes des cartes postales de notre collection est pour le moins fluctuante, et, que sur un total de 88 cartes, on peut discerner près de 25 formes différentes !  

Ces formes varient en fonction de l’usage qui est fait des traits d’union, des majuscules, des écritures du mot saint, et, de la combinaison de ces différents éléments.

Le trait d'union

Le trait d’union1 sert à former les noms composés. Voici des exemples d'usages qu'en ont fait (ou pas) les éditeurs de cartes postales.

Sur ces deux exemples, les rédacteurs, méfiants peut-être, ont résolu le problème en évitant tout simplement d’utiliser des traits d’union.

D’autres ont choisi de séparer chacun des mots par un trait d’union. Quatre mots, trois traits d’union.

Ensuite, on peut observer un certain nombre de variantes à un ou deux traits d’union.

L’unique trait d’union sert à construire le nom du saint Saint-Victor.

Ici aussi un seul trait d’union mais pour séparer Saint Victor de la Coste, comme si le nom se composait de deux entités : un saint qui protégerait la commune et une colline qui en ferait la spécificité.

Cette variante n’est différente de la précédente que dans la mesure où son rédacteur estime que Saint-Victor doit (toujours ?)  s’écrire avec un trait d’union.

Cette graphie laisserait supposer, mais bien sûr on ne peut connaître l’intention de son auteur, qu’il existe un saint dont le nom serait Victor-la-Coste. 

L'écriture de saint

On trouve trois variantes du mot saint dans les légendes des cartes postales.

Sur une carte relativement récente, on trouve une abréviation de saint sous la forme St. qui est incorrecte.

La deuxième variante du mot saint est sa forme abrégée St, qui, elle, est orthographiquement correct.

Et enfin la dernière, saint écrit en toutes lettres.

L’usage des minuscules et des majuscules

On observe aussi nombre de variantes sur l’usage des minuscules et des majuscules. On ne les énumérera pas toutes ici. En voici des exemples :

Le nom de la commune est écrit tout en majuscules ce qui évite à se poser des questions sur la différenciation minuscules/majuscules !

Cette graphie, quant l'usage des minuscules et majuscules, est correcte : une majuscule aux noms propres et l'article la en minuscules.

Deux exemples de graphies peu cohérentes où leur auteur a hésité entre l'utilisation de minuscules/majuscules et l'utilisation du tout majuscules comme dans un titre.

On écrit quoi alors ?

Un féru de mathématique combinatoire pourrait calculer le nombre de variantes possibles sachant qu’il existe 3 graphies de saint, que l’on peut utiliser un, deux ou trois traits d’union dans des positions différentes et qu'il faudrait déterminer le nombre possible d’usages des majuscules.

Et vous, avez-vous trouvé parmi tous les exemples proposés, le ou lesquels satisferaient aux régles d’usage des noms propres composés ?2

A cet effet, ils devraient respecter dans leur intégralité les règles suivantes : 

Négligence de la part des rédacteur ? Ils auraient donc dû écrire : Saint-Victor-la-Coste

Existe-t-il des exceptions ?

Peu de règles n’ayant pas d’exception, la graphie des noms composés de communes n’y échappe pas.

Sur les panneaux routiers indiquant des directions, on utilise l’abréviation St pour Saint et on ne met pas de traits d'union. En 2004, lors d'une question à l'assemblée nationale, un député du Gard s'en inquiétiait. Il estimait qu'une harmonisation aurait permis d'éviter des confusions et de créer des risques juridiques !3 

Pour faciliter la lecture informatique des adresses sur les courriers postaux, la norme veut que l'on ne mettra pas de traits d'union, on utilisera des capitales non accentuées et on écrira donc SAINT VICTOR LA COSTE. Pas sûr que les systèmes informatiques actuels qui se sont encore (trop ?) perfectionnés n'envoient pas à la bonne destination un st-VICTOR lacoste.

Des normes contre les énormes

On peut considérer que tout cela est affaire de normes et que, c'est bien connu, elles sont faites pour être transgressées. Finalement, quelle importance la manière dont on écrit un nom de commune du moment que l'on comprenne en gros de laquelle il s'agit. Oui mais en gros et le diable se cache dans les détails.

Dans un monde flou où chacun y va de sa vérité, où des fous furieux peuvent du jour au lendemain rebaptiser le golfe du Mexique en golfe d'Amérique (et à y être pourquoi pas en golf de Mar-a-Lago)4, quelques règles ne peuvent-elles pas permettre à ceux pour qui les mots ont encore un sens de pouvoir continuer à parler un langage commun.

Dans un monde où le beau est de plus en plus sacrifié sur l'autel du fonctionnel, je vous le dis, Saint-Victor-la-Coste, écrit selon les règles en usage, ça a drôlement de la gueule On pourrait éventuellement lui préférer l'orthographe d'avant la Révolution Française Saint Victor de la Coste mais le "de" supplémentaire ajoute un petit cachet aristocratique moins prisé de nos jours..

xxPour peu qu’on y prête attention, on constate que la graphie du nom de la commune dans les légendes des cartes postales de notre collection est pour le moins fluctuante, et, que sur un total de 88 cartes, on peut discerner près de 25 formes différentes !  

Ces formes varient en fonction de l’usage qui est fait des traits d’union, des majuscules, des écritures du mot saint, et, de la combinaison de ces différents éléments.

Le trait d'union

Le trait d’union1 sert à former les noms composés. Voici des exemples d'usages qu'en ont fait (ou pas) les éditeurs de cartes postales.

Sur ces deux exemples, les rédacteurs, méfiants peut-être, ont résolu le problème en évitant tout simplement d’utiliser des traits d’union.

D’autres ont choisi de séparer chacun des mots par un trait d’union. Quatre mots, trois traits d’union.

Ensuite, on peut observer un certain nombre de variantes à un ou deux traits d’union.

L’unique trait d’union sert à construire le nom du saint Saint-Victor.

Ici aussi un seul trait d’union mais pour séparer Saint Victor de la Coste, comme si le nom se composait de deux entités : un saint qui protégerait la commune et une colline qui en ferait la spécificité.

Cette variante n’est différente de la précédente que dans la mesure où son rédacteur estime que Saint-Victor doit (toujours ?)  s’écrire avec un trait d’union.

Cette graphie laisserait supposer, mais bien sûr on ne peut connaître l’intention de son auteur, qu’il existe un saint dont le nom serait Victor-la-Coste. 

L'écriture de saint

On trouve trois variantes du mot saint dans les légendes des cartes postales.

Sur une carte relativement récente, on trouve une abréviation de saint sous la forme St. qui est incorrecte.

La deuxième variante du mot saint est sa forme abrégée St, qui, elle, est orthographiquement correct.

Et enfin la dernière, saint écrit en toutes lettres.

L’usage des minuscules et des majuscules

On observe aussi nombre de variantes sur l’usage des minuscules et des majuscules. On ne les énumérera pas toutes ici. En voici des exemples :

Le nom de la commune est écrit tout en majuscules ce qui évite à se poser des questions sur la différenciation minuscules/majuscules !

Cette graphie, quant l'usage des minuscules et majuscules, est correcte : une majuscule aux noms propres et l'article la en minuscules.

Deux exemples de graphies peu cohérentes où leur auteur a hésité entre l'utilisation de minuscules/majuscules et l'utilisation du tout majuscules comme dans un titre.

On écrit quoi alors ?

Un féru de mathématique combinatoire pourrait calculer le nombre de variantes possibles sachant qu’il existe 3 graphies de saint, que l’on peut utiliser un, deux ou trois traits d’union dans des positions différentes et qu'il faudrait déterminer le nombre possible d’usages des majuscules.

Et vous, avez-vous trouvé parmi tous les exemples proposés, le ou lesquels satisferaient aux régles d’usage des noms propres composés ?2

A cet effet, ils devraient respecter dans leur intégralité les règles suivantes : 

Négligence de la part des rédacteur ? Ils auraient donc dû écrire : Saint-Victor-la-Coste

Existe-t-il des exceptions ?

Peu de règles n’ayant pas d’exception, la graphie des noms composés de communes n’y échappe pas.

Sur les panneaux routiers indiquant des directions, on utilise l’abréviation St pour Saint et on ne met pas de traits d'union. En 2004, lors d'une question à l'assemblée nationale, un député du Gard s'en inquiétiait. Il estimait qu'une harmonisation aurait permis d'éviter des confusions et de créer des risques juridiques !3 

Pour faciliter la lecture informatique des adresses sur les courriers postaux, la norme veut que l'on ne mettra pas de traits d'union, on utilisera des capitales non accentuées et on écrira donc SAINT VICTOR LA COSTE. Pas sûr que les systèmes informatiques actuels qui se sont encore (trop ?) perfectionnés n'envoient pas à la bonne destination un st-VICTOR lacoste.

Des normes contre les énormes

On peut considérer que tout cela est affaire de normes et que, c'est bien connu, elles sont faites pour être transgressées. Finalement, quelle importance la manière dont on écrit un nom de commune du moment que l'on comprenne en gros de laquelle il s'agit. Oui mais en gros et le diable se cache dans les détails.

Dans un monde flou où chacun y va de sa vérité, où des fous furieux peuvent du jour au lendemain rebaptiser le golfe du Mexique en golfe d'Amérique (et à y être pourquoi pas en golf de Mar-a-Lago)4, quelques règles ne peuvent-elles pas permettre à ceux pour qui les mots ont encore un sens de pouvoir continuer à parler un langage commun.

Dans un monde où le beau est de plus en plus sacrifié sur l'autel du fonctionnel, je vous le dis, Saint-Victor-la-Coste, écrit selon les règles en usage, ça a drôlement de la gueule On pourrait éventuellement lui préférer l'orthographe d'avant la Révolution Française Saint Victor de la Coste mais le "de" supplémentaire ajoute un petit cachet aristocratique moins prisé de nos jours..